Le Finistère sud à 3,5 - 2018


Dans le train entre Quimper et Auray, liaison qui nous ramènera aux 10 derniers kilomètres de la maison, on se refait ces 3 jours de vélo. Les souvenirs marquants, les passages usants, les rencontres en passant...
Parti de Plougoumelen dans le Morbihan pour y revenir 5 jours après, un peu plus fatigués, mais content d'avoir déconnecté du quotidien, voilà le programme prévu des ces quelques jours. La décision de partir ayant été un peu prise au dernier moment, les préparatifs auront été succincts. Emilie avec 2 sacoches et un siège enfant, et moi avec 2 sacoches également, la tente accrochée au guidon et le vélo de notre fille accroché avec une barre "Trail-gator". La petite alternant son vélo ou le siège selon son état de fatigue ou la densité de la circulation. 
Rejoindre la gare de Auray pour une liaison vers Quimper, et conclure la journée au bord de la mer à la pointe de Penmarch. Voilà ce qu'auront été les 49 premiers kilomètres. Le premier tronçon nous emmenant jusqu'à la gare se fait bien, 10 petits Km sur une voie protégée. La sensation de se sentir libre s'empare de nous, on libère nos tensions, et le plaisir de rouler nez au vent devient notre motivation. Le court trajet en train nous emmène au réel point de départ de notre périple : Quimper. Et c'est dans cette ville, précisément en sortant de Quimper que l'on va prendre conscience que dans le Finistère... ça grimpe ! Une première partie (courte mais intense) pour rejoindre le début de la voie verte entre Pluguffan et Pont L'Abbé. Une voie verte tracé sur un ancien itinéraire ferroviaire, entièrement sous les arbres. 18 Km de plaisir, un coin tellement agréable que notre fille s'endormira dans le siège enfant, bercé par les secousses du chemin. Une pause goûter en arrivant à Pont l'Abbé nous offrira une rencontre fortuite avec un couple Québécois, en vélo eux aussi, qui après avoir longer le canal de Nantes à Brest concluent leurs vacances par une boucle dans le Finistère sud ! Quelques renseignements échangés sur les parcours de chacun, et les difficultés à venir, puis il nous faut reprendre la route vers Penmarc'h, lieu prévu de notre première nuit. On dit souvent que les derniers kilomètres sont les plus durs, et ben c'est vrai ! La fatigue après 40 Km sous la chaleur du mois de Juillet, et le vent de face nous vaudront une arrivée sous les acclamations, les klaxons et les cris de joies ! (oui, on est arrivé pile poil à la fin du match qui a vu l'équipe de France (re)devenir championne du monde de football) Finalement ce n'était pas pour nous...
Après une nuit réparatrice pour moi, courte pour Emilie, et agitée pour Solène, nous rechargeons les vélos, et hésitons longuement sur la conduite à tenir. Cette nuit compliqué à soulevé des interrogations quand au fait de "bien" dormir sous la tente. Deux solutions : soit on refait le même trajet que la veille (49 Km quand même) et on rentre à la maison, soit on continue, mais en trouvant quelque chose de plus confortable pour la nuit prochaine. Emilie étant dans le 6ème mois de sa grossesse, le repos devient capital. Nous optons pour la deuxième solution, et reprenons la route après avoir réservé une cabane en toile dans un camping de Pouldreuzic.
Etape plus courte donc (25 Km), qui nous remettra en jambe en empruntant en partie la route du Vent Solaire. Un incroyable panorama sur la côte, tantôt déchiré par les falaises, tantôt découpé par les plages de sables et toujours sous le soleil. Le moral est au beau fixe pour tout le monde, et la pause pipi auprès d'un tracteur énoooorme est là pour redonner de l'entrain à notre petite cycliste de 3 ans. La suite des évènements pour l'après midi sera moins rigolote puisqu'il s'agira d'une succession de côtes et de (trop) courtes descentes sur une départementale très passagère. Camions et voitures nous doublerons avec peu de marges, et certaines côtes seront montées à pied. 25 Km qui nous en paraitront 40, sous la chaleur qui nous accompagne depuis le départ. Nous arriverons heureusement sans pépins à Pouldreuzic, après avoir maudits quelques côtes et bénits quelques descentes. Le camping offrira à notre fille de quoi se défouler, piscine naturelle et structure gonflable ! 
A l'aube du troisième jour, la fatigue commence à se montrer sur les visages. Théoriquement, il nous reste encore 3 étapes, mais physiquement les filles semblent plus enclines à bifurquer vers l'ouest et retourner sur Quimper. Nous décidons de suivre une appli GPS, pour nous faire revenir vers notre point de départ. Nous constatons une nouvelle fois que le Finistère est très beau, y compris à l'intérieur des terres, mais que ça grimpe, put*** ! On n'en finit plus d'appuyer sur les pédales et la récompense est maigre. De courtes descentes ne nous permettent pas de récupérer autant qu'on le souhaiterait. Je prend parfois les devants dans les montés pour revenir à pied  aider Emilie qui sent le poids de son ventre peser lors des efforts. Dans un coin de notre tête, on pense quand même au fait que pour sortir de Quimper on était monté pendant plusieurs kilomètres, elle devrait donc bien finir par descendre cette route ! Et la récompense arrive enfin, une descente aussi vertigineuse que fraiche (et oui, en roulant plus vite on commence à sentir le froid de l'air) ! Les voitures qui nous frôlent réellement (j'aurai pu en toucher certaines avec la main), impatientes de nous doubler, quitte à nous pousser sur le bas-coté. Plusieurs fois je ferai de grands signes aux conducteurs pour qu'ils comprennent qu'ils doivent s'écarter. Je laissai volontairement un long espace entre Emilie (devant) et moi (derrière) pour faciliter les dépassements, mais rien n'y a fait, certains chauffeurs (chauffards ?) décidaient de nous doubler en une seule fois avec des véhicules arrivant en sens inverse...
L'arrivée à Quimper se fit sans encombres, direction la gare SNCF, et retour à Auray en train. 10 Kilomètres jusqu'à la maison, et la fatigue nous envahira, Les nerfs aussi, puisque c'est avec un sourire béats que nous finirons cette journée. Au total, 116 Km, à trois avant l'arrivée du petit frère de Solène prévue pour septembre. A n'en pas douter, il nous suivra lui aussi lors de nos escapades en vélo !