On descend chez papy et mamie - 2022


Après une courte discussion avec ma femme, nous décidons de tenter l’expérience d’une longue sortie en vélo. En lieu et place de la centaine de kilomètres dont on se contentait habituellement (non sans frustration en fin de parcours « c’est déjà fini ? »), on se dit que partir plus loin et donc plus longtemps serait mieux.
« - Et si on descendait voir papi et mamie ? Ça fait quoi, 250 Km ?
- Ça doit être chouette en plus, avec le pont de St Nazaire, Noirmoutier… !
- Allez go ! On prépare ça. »
Et on l’annonce aux enfants…
« Et les p’tits loups, cet été on va chez papi et mamie !
- Oh non c’est trop loin… (pas fan des voyages en voitures).
- Non mais on y va en vélo !
- Oh ouaiiii ! (En chœur ! ) »
Aucune question à propos de la distance, pour eux 2h30 de voiture c’est long ; En vélo ce sera 10/12 jours, à raison de 25/30 Km par jour ; Ça devrait aller.
Pendant plusieurs jours on peaufine, on cherche des endroits à voir, où passer, des campings sur ou pas trop loin de l’itinéraire. On est en Mai, on fixe le départ dès le début de nos vacances : le 16 Juillet. Début des congés le 13 au soir, le 14 trop de monde partout, le 15 on prépare et on fait un essai dans le village, et le 16 on part pour de vrai.
Le premier arrêt casse-croûte se fait à Vannes près du port, et à l’issu de la première journée nous dormirons à Theix. Une belle première journée de remise en jambe où l’on se réhabitue à nos vélos lourdement chargés, à nos gouttes de sueur qui perlent sur nos fronts lors des montées, et à nos sourires qui se dessinent quand on se regarde à chaque arrêt. Le rythme n’est pas soutenu, nous n’avons encore jamais fait autant de kilomètres sur un même voyage, on s’économise, et roulons au jour le jour (au plutôt de piscine à piscine selon les campings chaque soir).
Soirée de rodage, on retrouve doucement nos réflexes d’itinérants, montage de la tente, organisation de l’intérieur, cuisine au réchaud, manger par terre, et se coucher tous ensemble à la même heure : 22h.
Pour ces prochains jours, la météo nous annonce du beau temps, une bonne chose ! Mais elle nous annonce aussi de la chaleur, beaucoup de chaleur… Et ça en vélo c’est dur à gérer. Les prochains jours seront rythmés par la recherche de points d’eau dans chaque commune traversée.
On reprend notre marche en avant (ou plutôt notre pédalage) vers Arzal. Ah bah non, après 6 Km une crevaison nous arrête. On change la chambre à air, on réparera ce soir tranquillement au camping. Ce court intermède mécanique sera scruté sous tous les angles par mes deux assistants, Solène et Clément. Rien ne leur aura échappé sur la façon de procéder. Cette deuxième journée sera découpée en deux partie bien distinctes : la première assez roulante sur une belle voie verte alternant piste stabilisée et pontons en bois. Très peu de dénivelé et un bon 15km/h de moyenne pour notre Solène qui prends un malin plaisir à rouler en tête et à nous imposer son rythme.
La deuxième partie sera beaucoup plus rude. En sortant de Muzillac nous faisons face à un mur. Nous nous rapprochons de la Vilaine, le paysage se vallonne, les routes aussi. Les grimpettes courtes mais rudes se succèdent, entrecoupées de (trop) courtes descentes. Les kilomètres défilent sous nos roues, lentement, sous une chaleur écrasante, sans ombrages, et les réserves d’eau diminuent à chaque pause. Le temps caniculaire annoncé est là, ce n’était pas une blague ; On souffre et ce n’est que le début.
Le soir venu, nous commençons à revoir les étapes que nous avions déterminé avant le départ. Désormais chaque journée se fera selon la météo. Nous ne voulons pas risquer un quelconque problème dû à la chaleur, avec les enfants nous préférons être prudent. Objectif de demain : traverser le barrage d’Arzal à 5Km d’ici, après on verra… pas de folies, ce sont des vacances.
La nuit n’a pas été fraîche, nos duvets sont restés ouverts et n’ont vaguement servis de couverture qu’à l’aube.
Le temps de prendre le petit déjeuner, de ranger nos affaires, plier la tente et charger nos montures, il est 10h… la chaleur arrive. Les premiers kilomètres sont durs, ça monte (souvent), ça descend (un peu), et ça remonte (longtemps)… Et pendant ces longues côtes on a le temps de penser, de réfléchir…
« On est dimanche, il faut qu’on trouve une boulangerie ou une épicerie avant midi si on veut pouvoir manger. »
Cette première heure de vélo a été dure et malgré l’heure (11h) les enfants montrent déjà des signes de faim. Premier village traversé et l’unique épicerie est ouverte ! Nous refaisons le plein, 3 repas (midi, soir et petit dej’) avant de repartir pour une longue et douce descente vers le barrage qui emmène au bord de la Vilaine. A midi nous y sommes, photo souvenir évidemment. La chaleur commence à être intenable, notre application météo nous annonce une température de 37 degrés. Plus qu’un coin à pique-nique, nous cherchons de l’ombre, et le salut viendra d’un abris-bus en bois. C’est peu, ça manque un peu de charme mais il nous permettra de nous abriter du soleil et de ses rayons qui nous brûlent la peau. Pause casse-croûte, pipi et crème solaire pour tout le monde. On se décide rapidement, le camping le plus proches est à moins de 3 kilomètres, la chaleur nous arrêtera là pour aujourd’hui, à Férel. Il est 14h, l’après-midi se passera entre cahiers de vacances, lessive de sous-vêtements, et promenade vers les rives de la Vilaine.
Réveil matinal dans la chaleur de la tente, le soleil darde déjà ses rayons, et la température à l’intérieur de notre maison en tissu a grimpé. Nous pressons les enfants pour ranger, plier et charger les affaires sur les vélos le plus vite possible. Plus tôt nous partirons, plus on avancera avant les écrasantes températures prévues. En quittant le camping, notre voisine d’emplacement, nous offre une bouteille d’eau en nous souhaitant bon voyage. 1,5L d’eau en plus, c’est une aubaine !
Nous faisons alors route vers Herbignac. Le scénario de la veille se répète : les températures deviennent rapidement intenables, et rouler au-delà de midi n’est pas raisonnable. Ces (pourtant courtes) journées sont éreintantes. Nous n’avançons que très peu, 8km ce jour, mais la chaleur nous demande une énergie incroyable et le niveau des gourdes et bouteilles baisse plus vite que les kilomètres ne défilent. 12h, rebelote, nous arrêtons notre journée de vélo. Le camping et sa piscine (encore !) nous accueille pour un après-midi dans l’eau. Ça délasse, les enfants s’amusent mais à ce rythme-là on arrivera chez papi et mamie en octobre ! Les enfants se mettent à construire un abri pour les écureuils en ramassant les petits morceaux de bois au sol, ainsi naîtra de leur imagination une jolie cabane tout confort pour rongeurs :)
Au cours de la nuit nous entendons plus ou moins la pluie tomber, enfin, La fraîcheur va faire son retour.
Après un réveil calme, au son des gouttes de pluie sur la toile, nous plions la tente pour une fois humide. Ce n’est pas la chose la plus plaisante mais on sait qu’aujourd’hui nous n’allons pas souffrir de la chaleur. La vague caniculaire est passée, direction plein sud, vers le pont de St Nazaire !
En quittant Herbignac nous empruntons une route nationale sur quelques kilomètres. Peu rassurante pour Solène (qui pédale seule depuis le début de l’itinéraire) nous préférons en général éviter ces routes trop fréquentées et sur lesquelles la différence de vitesse est trop importante avec les autres véhicules. Nous bifurquons sur la droite en direction du Cameroun ! (Camérun en vrai, c'est à coté de La Chapelle des Marais).
Entre hier et aujourd’hui nous remarquons que le paysage a changé. L’horizon s’est aplanit, le relief disparaît. Avantage principal de ce changement : il y a moins de montées. En revanche plus rien n’arrête le vent ! Et en se rapprochant de la côte ça souffle de plus en plus fort, mais malgré tout, les kilomètres défilent. Une pause casse-croûte devant la médiathèque de St Joachim et nous nous remettons en selle. Désormais une belle piste cyclable isolée serpente entre les marais et nous offre au détour d’un virage une vue imprenable sur la silhouette du Pont de St Nazaire. Une vue presque fantomatique qui motivera les enfants à pédaler dans sa direction. Ceci étant nous ne prendrons pas le risque de faire la traversée sur nos vélos et utiliserons la navette. Nos vélos chargés sur une remorque, nous prenons place dans un minibus ; Nous savons que nous avons fait le bon choix lorsqu’au sommet du pont une rafale de vent secoue notre véhicule motorisé… en vélo au milieu de la circulation, ça aurait certainement été une autre affaire…
Nous voilà donc de l’autre côté du pont, de l’autre côté de la Loire, à la recherche d’un camping pour la nuit. Nous n’avons rien anticipé puisque jusqu’ici aucun des campings fréquentés n’était complet… Oui, mais là nous sommes sur la côte atlantique, ça va être une autre affaire ! Et effectivement le premier camping auquel nous nous arrêtons affiche complet. Camping suivant 3 kilomètres plus loin (et pour Solène qui en a déjà fait 28, ce n’est pas rien). Ce sera donc un 4 étoiles pour ce soir. Par conviction nous préférons éviter ce genre d’endroits, trop de monde, trop d’agitation, soirée voire nuit bruyante… Bref on ne s’y sent pas à l’aise. Ceci étant dit nous avons une agréable surprise en voyant qu’il propose des emplacements « vélo ». Quelle merveilleuse idée ! Faire payer les voyageurs en vélo un tarif à peine moins cher qu’un véritable emplacement mais en leur proposant un terrain grand comme… comme quoi d’ailleurs… Ah bah si, grand comme une tente. Et oui une fois la tente installée sur l’espace dédié, nous avons tout juste l’espace d’y garer nos vélos… Certes, c’est une tente 4 personnes, mais quand même : un emplacement de 10m2 c’est petit… Heureusement, les piscines chauffées nous ferons assez vite passer à autre chose… Mais quand on y repense on se dit que c’était quand même un peu abusé. Allez, une pizza et au lit ! Demain direction Pornic.
Au réveil, une douleur au gros orteils m’empêche de marcher correctement. Un insecte a eu la bonne idée de me piquer juste au bord de l’ongle. La piqûre a enflé me donnant l’impression que l’ongle se décolle. La sensation est douloureuse. Par chance ça ne m’empêche pas de pédaler. En route donc pour une journée de pédalage sans surprise à l’exception de la pause casse-croûte à St Michel Chef-Chef. Un cirque s’est établi sur le parking du supermarché. Nous savourons donc nos sandwichs au pâté Hénaff face aux poneys, chameaux, lamas, et autres animaux velus à quatre pattes. Un petit dépaysement auquel on ne s’attendait pas mais que les enfants apprécient. Nous continuons notre descente vers Préfailles en direction d’un camping en bord de mer. Ou plus précisément en bord de falaise donnant sur l’océan Atlantique, c’est beau, on aperçoit l’Ile de Noirmoutier à l’horizon mais manque de bol, c’est un camping associatif qui réserve ses places aux adhérents (ça se comprend, mais c’est rageant de ne pas pouvoir profiter de la vue). Deuxième essai donc 4 kilomètres plus loin, sans perdre de temps puisque l’après-midi touche à sa fin, et les enfants commencent à trouver la journée un peu longue. Nous nous présentons devant un « hôtel de plein air » … Innocents et plein d’entrain nous ignorons la subtilité du terme : un « hôtel de plein air » n’accueille pas de tentes, ils ne font que de la location de mobil-homes. Autant dire que pour une seule nuit en plein mois de juillet sur la côte, on ne les intéresse pas vraiment. Dernier recours avant le bivouac sauvage, un camping 6 bornes plus loin (et mine de rien on vient de prolonger l’itinéraire de 10Km) nous voilà dans un petit camping familial. Rien d’extraordinaire, exactement ce qu’il nous faut. Nous avons même la surprise de découvrir une piscine ! Nos loupiots sont aux anges, une belle récompense pour eux et leur capacité à s’adapter à toutes les situations imprévues et aux kilomètres supplémentaires qu’ils subissent.
Le ciel est gris pour ouvrir cette nouvelle journée. Nous allons longer la côte de plus ou moins loin. Plus près de la mer on a du vent (et c’est dur), plus loin on a moins de vent mais ça rallonge. En revanche ça roule bien, le terrain est plat. Nous avons l’impression de flâner sur un long chemin sécurisé. Solène pédale tantôt devant, tantôt derrière selon ce qui attire sa curiosité (éoliennes, papillons, chevaux,...). Un stop sandwich à la boulangerie du coin et on reprend notre avancée. Un passage par le port du Collet, très à l’ancienne avec ses cabanes de pêcheurs et ses pieux d’amarrages. Nous apercevons au loin un panneau indiquant un changement de département. Voilà, nous sommes en Vendée. Nous expliquons aux enfants sur la carte : « On est là, et on va… (la main descend sur la carte) là ! On va juste passer par Noirmoutier, parce-que passer sur une île c’est sympa. Et dans 5 jours on sera chez papi et mamie ! »
Bon ce sera 6 jours en fait, les enfants commencent à se lasser. On décidera de faire une journée « off » sur Noirmoutier. En attendant c’est un camping à la ferme qui nous accueille. Chats, chevaux … et c’est tout. Ah si, on a vu un âne également, et une grenouille dans les douches ! On montera ce soir-là la tente dans un abri à moutons. Cachés du vent pour une bonne nuit de sommeil.
Le passage du Gois sera un moment marquant de ce périple. Nous arrivons à l’entrée du passage alors que la marée est encore haute. L’ouverture aux véhicules est prévue autour de 17h15. Nous laissons les enfants jouer dans le sable et surveillons d’un œil distrait l’ouverture de la chaussée. Quelques voitures s’y essayent… et font demi-tour. Un moment paisible qui semble s’éterniser tant nous avons perdu l’habitude de rester immobile. Certaines voitures s’impatientent, empruntent le Gois, nous les suivons du regard ; Elles avancent, doucement mais elles avancent… et ne font pas demi-tour. « Allez les loupiots, on récupère les vélos, on va se remettre en route.
- Ça y’est ? Elle n’est plus sous l’eau la route ? »
Et nous repartons pour les 4Km les plus durs de tout le périple. Le vent d’ouest s’est levé, et dans notre sens le vent d’ouest veut dire « en pleine face » !
Ce moment qui aurait pu être un plaisir purement touristique se transforme en calvaire. Vent de face, pavés irréguliers, nids de poule… C’est dans ces conditions que nous franchissons la barre des 200 Km. Il y a quelque chose de magique de se dire que nous passons ce cap en vélo sur une route tracée sous l’eau.
Un détour par le supermarché et nous voilà dans un camping « accueil vélo ». Ça paraît anodin mais avoir un tuyau d’eau à disposition pour rincer les vélos après le passage dans l’eau salée du Gois est appréciable.
La journée « off » sera sans vélo. Au programme dans le désordre : piscine, jeux gonflables, lessive, balançoire et une fin de soirée sur la plage avec dessins sur le sable et couché de soleil. Les enfants ont apprécié cette coupure, les parents l’ont trouvé trop longue. Vivement demain qu’on reparte, les jambes ont envie de pédaler !
Sortie de l’Ile de Noirmoutier par le pont cette fois. Une longue montée, pas forcément dure, mais longue nous emmène au sommet pour nous offrir un panorama à 360 degrés suspendus entre l’île et le continent. Les bancs de sables dessinent des ondulations dans le chenal, avec la douce lumière du matin on en prend plein les yeux, c’est une bonne façon d’entamer une nouvelle journée.
La Vendée en vélo, sur la côte au moins, c’est un vrai bonheur. Les pistes cyclables sont propres, bien marquées, souvent isolées de la route et les indications sont régulières. Elles sont vraiment faites pour rouler le nez au vent, et en profitant du paysage. Au milieu d’une forêt de pins maritimes, roulant tantôt sur de l’asphalte, tantôt sur du stabilisé… Stop ! Chute ! Solène vient de déraper sur une langue de sable. En voulant relancer sa vitesse en danseuse sa roue avant a dérapé et elle s’est affalée. Le genou a tapé le cadre et une pédale est venu cogner ses côtes… Une chute pas de sa faute mais qui fait mal. Un hématome va vite apparaître sur son torse et restera quelques jours, genre de souvenir… Le reste de la journée se déroule et mine de rien on avance à bon rythme jusqu’à St Hilaire de Riez. La routine camping/piscine est là, montage de la tente, organisation des affaires et longue baignade dans la piscine chauffée en récompense. On commence à penser à augmenter les dernières étapes. Il nous reste 110 Km (grosso-modo), à faire, en trois jours ça doit être jouable. Pour nous, ça va le faire, pour les enfants (surtout pour Solène qui pédale) ça risque d’être plus compliqué ; On va essayer, avancer tant qu’on le peut, et on verra où on arrivera. On découpe donc cette dernière centaine de bornes en 3 jours. 24, 42, et 42. A l’approche de l’arrivée on se dit que le rythme augmentera naturellement, et mine de rien cette partie de la Vendée est plate et nous permet de faire défiler les kilomètres.
Nous passons donc l’antépénultième nuit sous la tente à Bretignolles-sur-mer, une dernière tournée de linge, un bon repas chaud (burger /frites pour se donner du courage) au resto et gros dodo. En ce qui me concerne je commence à être nostalgique et à me dire que ces 10 jours sont passés vite. Il reste encore 2 grosses journées mais on n’a jamais été aussi proche de la fin… Et pourtant il peut encore se passer des choses.
Nous roulons le long de la côte, une pause pique-nique sur le parking d’un supermarché, et la circulation qui se densifie. On se rapproche d’une ville et le plaisir de rouler s’estompe, terminer les flâneries maintenant on doit se concentrer, faire attention à tout, tout le temps : aux voitures peu attentives, aux camions qui se disent « ça passe » mais qui oublient leur gabarit, aux piétons, aux rosalies, aux autres vélos, et faire attention à nos enfants surtout, leur attention et leurs capacités de réaction sont parfois très aléatoires… L’astuce avec ma fille c’est de lui parler tout le temps, maintenir sa concentration en lui parlant de ce qu’il se passe autour d’elle, lui parler pour qu’elle sache que je suis là et que je veille sur son gabarit minuscule au milieu de cette foule… Tout ça pour nous souhaiter une bienvenue aux Sables d’Olonne, et le passage des 300 Km ! La suite de l’étape sera plus reposante, sur un beau chemin tracé à travers la campagne. Une courte pause sur ce tronçon de la route « Richard cœur de Lion » pour avaler des mûres sauvages qui s'offrent à nous, une passerelle et au détour d’un virage, notre dernier camping, le onzième. Un accueil vélo qui nous donne accès à des jetons « douches chaudes » gratuits. Les enfants partent se dégourdir les jambes (y-a-t-il vraiment besoin ?) dans les jeux, toboggan, et on passe tous à la douche. Sans y penser, on vient de rouler 42Km, moitié en ville avec la tension qui l’accompagne, moitié sur les chemins et la poussière qui colle à notre peau.
1ère douche pour Solène : eau froide… et bah on fait vite, tant pis pour le shampooing, on le fera demain.
2ème douche pour Clément : on change de cabine dans l’espoir d’avoir de l’eau chaude… raté. Douche froide aussi pour le petit ours.
On retourne se mettre sous la tente, on se chauffe un plat de pâtes au pâté Henaff, c’est bon pour le moral des troupes, et on enveloppe les enfants dans leurs duvets.
Emilie va essayer la 3ème cabine de douche, et… bah c’est chaud ! A mon tour, je prends le risque d’essayer une 4ème cabine… chaude aussi. C’est agréable pour nous mais les enfants n’en garderont pas un souvenir impérissable…
La veille de l’arrivée, leurs rêves sont certainement perdus dans la fête foraine qu'on leur a annoncé dans le village de papy et mamie.
Dernier jour… On pourrait commencer à sentir la fin des vacances mais ce serait sans compter sur la motivation de Solène, pas le temps de réfléchir ! On ne flâne pas vraiment, elle prend un malin plaisir à rouler sur ces pistes. J’ai du mal à la suivre… Elle ne fait pas semblant d’appuyer sur les pédales ! On s’arrête pour boire, attendre maman (qui emmène Clément dans le siège) et avec un grand sourire Solène me dit « c’est trop bien ! », remet sa gourde en place et repart sur le même tempo, ça monte, ça descend, ça tourne, du grand plaisir partagé avec elle. La fin du périple n’est plus très loin, on se sent pousser des ailes, la fatigue latente à disparue. Les enfants reconnaissent les derniers kilomètres, le dernier rond-point, le vieux pont de l’Aiguillon-sur-mer, la fête foraine est là, on y est. Papi et mamie nous attendent devant leur maison.
C’est fini, on pose les vélos dans le jardin, on s’embrasse, et les enfants partent jouer comme si de rien n’était. Ils sont surprenants. Ceci étant ils ne seront pas couchés tard, et dormiront profondément pour fêter leurs retrouvailles avec de vrais matelas et de vraies couettes.
« Et les p’tits loups, l’année prochaine on repart en vélo ? Ah, ils dorment déjà… ».